Docteur Pierre BOUHANNA
Chirurgie capillaire exclusive - Paris
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TECHNIQUES D'IMPLANTATION CAPILLAIRES
La transplantation capillaire permet d'apporter une solution esthétique et définitive à la plupart des dégarnissements capillaires et des éclaircissements de certaines régions pileuses. Les principaux motifs de traitement sont les alopécies androgénétiques, les dégarnissements définitifs secondaires à une alopécie de traction ou à des cicatrices (cuir chevelu, barbe, moustache, sourcils, lifting) et enfin les alopécies définitives des sourcils ou des poils pubiens (1, 2).
Les transplantations capillaires utilisent de petits fragments de cuir chevelu de type microgreffes (ou unités folliculaires de 1 à 3 cheveux par greffe). L’implantation de 1 000 à 3 000 cheveux par séance, dont la durée varie de 2 à 4 heures, assure la finition d’une ligne pilaire ou la densification d’une surface chauve plus ou moins étendue (1). Il est nécessaire de pratiquer un bilan médical pré-opératoire, une prémédication par tranquillisant et une anesthésie locale (par crèmes anesthésiantes et infiltrations tronculaires). L’intervention est indolore et les suites opératoires, simples, permettent au patient de repartir 2 heures après l’intervention et de reprendre son activité professionnelle dès le lendemain.
Les cheveux, prélevés dans une région épargnée par le phénomène alopéciant (couronne chez l’homme ou région occipitale médiane chez la femme) conservent leur capacité de croissance après implantation pendant toute la vie de l’individu. Ce procédé, basé sur l’implantation de greffes de 1 à 3 cheveux, cherche à recréer l'émergence naturelle de 2 à 3 cheveux à travers chaque orifice pilo-sébacé (Figure 1) et évite l’aspect inesthétique en "cheveux de poupées".
Zone donneuse-préparation des microgreffes : une bandelette de cuir chevelu est prélevée (sa taille, comprise entre 10 et 25 cm, dépend directement du nombre de microgreffes souhaitées), puis la zone donneuse est refermée par sutures ou agrafes. La cicatrice sera très fine, linéaire, horizontale et quasiment inapparente. La bandelette de cuir chevelu est découpée minutieusement en petits fragments de 1 à 3 cheveux (microgreffes ou unités folliculaires) sous stéréomicroscope afin de respecter l’intégralité des cheveux prélevés.
Zone receveuse : les progrès des techniques d’implantation visent à recréer un aspect esthétique naturel et impliquent (2, 3) : -une implantation fine sur la zone chauve avec aiguilles et pinces de microchirurgie permettant le choix des axes d'émergence, des orientations, des obliquités ; -une réalisation volontairement fine et irrégulière "cheveu par cheveu" de la ligne frontale antérieure (Figure 1) ; -une implantation de 1 000 à 3 000 cheveux par séance ; -une répartition homogène de ces multiples microgreffes et unités folliculaires ; -des suites opératoires simples avec shampooing et reprise professionnelle 1 à 2 jours après. Les cheveux implantés tombent vers le 15ème jour et repoussent définitivement entre le 2ème et le 4ème mois.
L’alopécie androgénétique masculine (AAGM) : le dégarnissement se fait selon une topographie et une évolution particulières dont nous avons proposé une classification dynamique plurifactorielle qui prend en compte de multiples paramètres tels que l’étendue des surfaces chauves et chevelues par rapport à certains repères fixes du visage, l’élasticité et l’épaisseur du cuir chevelu, le pouvoir couvrant des cheveux selon la densité, le calibre, la forme, la longueur, la vitesse de pousse et la couleur des cheveux (5). Divers stades sont ainsi définis : le stade I (accentuation des golfes temporaux avec apparition éventuelle d’une tonsure au niveau du vertex), le stade II (recul de la ligne frontale jusqu’au sommet du crâne, éventuellement associé à une tonsure) et le stade III (calvitie dite "hippocratique" où les cheveux ne persistent que sur une couronne au niveau des tempes et de la nuque) (Figure 3).
La correction chirurgicale de l’AAGM implique une transplantation de microgreffes, adaptée aux stades décrits plus haut : -pour le stade I, implantation de 1 000 cheveux en 1 à 2 séances (l’implantation de 2 000 à 3 000 cheveux est parfois nécessaire lors de tonsure, Figure 4).
-pour le stade II, implantation de 2 000 à 3 000 cheveux en 1 à 2 séances (jusqu’à 4 000 cheveux lors de tonsure). -pour le stade III, jusqu’à 6 000 cheveux implantés, en 2 à 3 séances (Figure 5).
L’implantation par microgreffes peut être associée à la prise d’un traitement antichute local (minoxidil à 5 %) et/ou général (finastéride à 1 mg, per os), ayant pour but d’atténuer la chute des cheveux résiduels persistants entre les greffes, de diminuer la chute transitoire des cheveux greffés et d’accélérer la repousse des cheveux greffés et non greffés (6, 7). Les cicatrices (cuir chevelu, barbe, moustache, sourcils, cils) : chez l’homme, les alopécies de la barbe et de la moustache sont le plus souvent d’origine cicatricielle, liées à un traumatisme (brûlures, accident de voiture), un acte chirurgical (reconstruction d’un bec de lièvre) ou des cicatrices d’acné (2). Les alopécies cicatricielles des cils sont le plus souvent d’origine traumatique, opératoire ou infectieuse. L’implantation des microgreffes s’adapte aux caractéristiques des cicatrices et des poils à restaurer.
L’alopécie androgénétique féminine (AAGF) : le degré de dégarnissement d'une AAGF peut être estimé à l’aide d’une classification statique ou évalué plus précisément grâce à une classification dynamique plurifactorielle. Cette classification définit trois stades évolutifs : stade I (dégarnissement modéré sur le haut de la tête, respectant la ligne frontale), stade II (alopécie franche avec cheveux courts, située 1 cm en arrière du front) et stade III (alopécie presque totale, avec conservation d’une mince bande de cheveux au niveau du front) (Figure 6).
-Chez la femme jeune, dès l'âge de 18 ans, un éclaircissement des régions médianes frontales et du vertex peuvent justifier une transplantation de microgreffes (Figure 7) associée à la prise éventuelle d'œstroprogestatifs et l'application locale de minoxidil à 2 %.
-Lors d’AAGF chez la femme ménopausée, on peut préconiser l’implantation de microgreffes (Figure 8) associée à l'application du minoxidil à 2 % et la prise éventuelle d'un traitement hormonal substitutif en l'absence de contre-indication (1 séance suffit le plus souvent, 2 à 3 séances peuvent être nécessaires lors de stade III).
-Chez les transsexuels, il faut combler les golfes frontaux et donner une ligne frontale chevelue fine et de type féminin. -Les alopécies de traction définitives : les tractions répétées (brushings, défrisage, tresses, etc), en particulier chez les patientes d’origine afro-américaine (Figure 9), peuvent induire une alopécie définitive de la région fronto-temporale (5). Avant d'envisager une implantation, il faut vérifier l'absence de repousse malgré l'application de minoxidil 2 % et l'arrêt des tractions pendant au moins 6 mois.
-Les alopécies et cicatrices après lifting cervicofacial : les dégarnissements et cicatrices de lifting, parfois inesthétiques, peuvent justifier une reconstruction de la région prétemporale et de la ligne frontale antérieure (3, 5). La transplantation doit être particulièrement fine et avec de légères orientations et obliquités naturelles des cheveux. -L'alopécie définitive des sourcils est liée essentiellement à des traumatismes ou des épilations répétées. La réimplantation sera, là encore, très fine, "cheveu par cheveu". L'orientation des poils sera oblique vers le haut pour la tête du sourcil et vers le bas pour la queue du sourcil (3, 5). -L'alopécie pubienne : la reconstitution esthétique du pubis obéit à de nombreux paramètres (étiologie, âge, origine ethnique, couleur et forme des cheveux, etc). Schématiquement, il faut combiner la finesse "cheveu par cheveu" et la densification des unités folliculaires ; obliquités et orientation des implants ont là aussi une grande importance pour obtenir une apparence naturelle (2) (Figure 10).
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